Orateur
Description
La pression croissante exercée sur les ressources du Parc National de la Kibira (PNK) compromet la conservation de sa biodiversité et la pérennité des services écosystémiques indispensables à la sécurité alimentaire des populations riveraines. Cette étude analyse les perceptions des principales parties prenantes sur les relations entre le secteur Mabayi du PNK et les communautés locales, ainsi que les principales menaces pesant sur cet écosystème. Des entretiens semi-structurés ont été réalisés auprès de 242 répondants, comprenant 210 membres des communautés riveraines, 20 représentants de l'administration locale et 12 agents de l'OBPE. Les données ont été analysées à l'aide de statistiques descriptives fondées sur les fréquences relatives afin de comparer les perceptions des différentes catégories d'acteurs, d'identifier leurs facteurs explicatifs et de hiérarchiser les menaces selon leur fréquence et leur gravité.
Les résultats montrent une perception globalement favorable des relations entre les populations et le parc, exprimée par 90,0 % des populations riveraines, 85,0 % des administratifs et 75,0 % des agents de l'OBPE. Cette perception est principalement associée à la sensibilisation à la conservation, à l'intérêt porté aux services écosystémiques et au rôle du parc comme source de ressources naturelles. Les trois catégories d'acteurs convergent pour identifier la coupe des herbes (81,4 % ; 75,0 % ; 66,7 %) et la coupe des arbres (76,2 % ; 60,0 % ; 83,3 %) comme les principales menaces. Elles divergent davantage sur l'importance du prélèvement de la litière (60,0 % ; 25,0 % ; 75,0 %) et du braconnage (38,1 % ; 25,0 % ; 66,7 %).
Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la gouvernance participative et de promouvoir des alternatives économiques durables afin de réduire la pression sur les ressources naturelles, préserver les services écosystémiques et renforcer la sécurité alimentaire des communautés dans un contexte de changements climatiques.
Mots-clés : biodiversité, sécurité alimentaire, services écosystémiques, gouvernance participative, Parc National de la Kibira, Burundi.