Orateur
Description
L’impact du changement climatique sur l’agriculture est hétérogène entre les cultures et les régions agro-écologiques, nous évaluons cette hétérogénéité au Burundi par l’approche ricardienne structurelle. À partir des données issues de l’Enquête Intégrée sur les Conditions de Vie des Ménages au Burundi 2020 (EICVMB) combinées aux données climatiques à l’échelle collinaire obtenues à l’aide de l’interpolation spatiale hybride des données stationnaires, nous modélisons dans chaque zone agro-écologique par deux approches. Premièrement, le choix de culture en fonction du climat par le logit multinomial par une méthode quasi-expérimentale des variables instrumentales IV-2SRI et ensuite l’effet causal du climat sur le revenu par IV-2SLS conditionnellement à la culture choisie. Les simulations basées sur les projections climatiques (2021–2040 et 2041–2060) CMIP6 (Coupled Model Intercomparison Project Phase 6) les plus récentes montrent que le changement climatique réduira le revenu du haricot, du riz et de la banane dans les régions de la Plaine de l’Imbo, Plateau central et Dépressions Nord/Est mais l’augmentera pour le manioc et le haricot-manioc dans les régions plus fraîches (Mumirwa, Crête Congo-Nil). Au niveau national, le manioc (+0,85 à +10,93%), haricot-manioc (+4,78 à +5,92%) et patates douces seront plus résilients, tandis que le riz (-23,85 à -5,0%) et la banane seront plus vulnérables. Le Plateau centrale (-6,1 à -4,07%) et la Plaine de l’Imbo (-14,08 à -1,01%) seront vulnérables, tandis que les régions initialement humides seront résilientes. Ces résultats suggèrent d’une part les stratégies d’adaptation ciblées selon les cultures et les régions et d’autre part les activités et programmes d’atténuation pour ralentir le changement climatique affectant ces cultures pré-citées.